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Accueil > Auteurs > Av. Hüseyin Özbek > Mon pauvre pays transformé en décharge démographique

Mon pauvre pays transformé en décharge démographique

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Publié: 30.01.2024 06:00

Ils étaient des Muhacir (émigrants), nous étions des Ensar (auxiliaires). Nous devions accueillir à bras ouverts le flot humain déferlant de Syrie vers la Turquie et les traiter avec le plus grand soin. Tout comme les habitants de Médine avaient accueilli le prophète Mahomet et les croyants contraints de fuir La Mecque sous la pression des polythéistes, nous devions faire de même ! L'hostilité des politiciens envers Assad, les éloges sur les « Muhacir », les sermons du vendredi dictés par la Direction des affaires religieuses (Diyanet) et les récits religieux assimilant les clandestins aux compagnons du Prophète allaient largement produire l'effet escompté pour la première période. En partageant notre pain et notre nourriture avec les « Muhacir », nous accomplissions à la fois notre devoir humanitaire et sauvions notre vie dans l'au-delà !

Lorsque l'on a commencé à comprendre quel genre de dynamite démographique avait été déposé dans les bras de la Turquie, fondée sur les bases d'un État-nation et d'une structure unitaire, le nombre de clandestins ayant inondé le pays avait déjà largement dépassé les 10 millions. Alors que les masses étaient endormies par la narco-rhétorique « Ensar/Muhacir », l'Occident, comme toujours, préférait assurer ses arrières. Il allait garantir ses frontières avec l'Accord de réadmission (accord relatif à la réadmission des personnes en séjour irrégulier) portant la signature de la Turquie. Avec l'accord signé à Ankara le 16 décembre 2013 avec l'UE, la Turquie ne s'est pas seulement engagée à ne pas laisser passer les clandestins vers les pays de l'UE, mais a également accepté de reprendre les clandestins qui avaient réussi à se faufiler dans l'UE via la Turquie !

Pour vous faire comprendre, l'engagement de maintenir en Turquie — transformée en centre de collecte de déchets, selon le principe « le ballon passe, mais pas l'humain » — les millions d'Africains et d'Asiatiques en route vers l'UE, s'appelle l'Accord de réadmission. Pour que les citoyens européens ne soient pas dérangés par les « têtes noires » (la définition ne vient pas de nous), l'UE verse à la Turquie 3 milliards d'euros par tranches ! Informons ceux qui s'interrogent sur la raison de la visite du Premier ministre italien en Turquie la semaine dernière : le Premier ministre italien est venu avec une proposition : « Bloquons ensemble la route des personnes à la peau noire qui traversent la Méditerranée depuis la Libye pour mettre le pied en Italie ! »

Les leaders de la libération et de la fondation de la République étaient les témoins vivants de la manière dont la structure multilingue et multiethnique avait précipité la chute de l'Empire ottoman. Le fait que la génération d'Atatürk, témoin de la période d'effondrement, ait fondé la République sur la base d'un État-nation unitaire est lié à cette leçon tirée de l'histoire. Ce n'est pas pour rien que les communautés qui partagent les mêmes sentiments dans la douleur, le chagrin et la joie sont définies comme une nation. Il faut savoir que l'afflux dans le pays de millions de personnes dont les langues, les cultures, les sentiments et les projets d'avenir nous sont totalement étrangers constitue une dynamite démographique qui fera exploser l'unité et l'intégrité de la nation.

Il faut prendre conscience que cette masse de plus de 10 millions de personnes, qui n'adopte aucune des valeurs de notre pays, qui ne ressent pas le besoin de respecter l'ordre juridique ou les règles sociales et qui est indexée sur un mode de vie féodal du Moyen Âge, est un boulet qui nous coupe du monde civilisé. Cette masse, qui insulte ouvertement le leader fondateur du pays et ses valeurs fondatrices, qui se moque du Code civil turc et de l'ordre juridique, qui vit dans la polygamie, qui applique ses propres coutumes au lieu de la loi du pays en matière de mariage et de divorce, qui rend les rues des villes peu sûres et qui forme des organisations criminelles organisées ne parlant pas turc, semble avoir pris la Turquie en otage.

Le fait que les assaillants de l'église catholique de Sarıyer soient des membres de Daech originaires du Tadjikistan et de la Fédération de Russie, et que de nombreux étrangers liés à Daech aient été placés en garde à vue, montre les dimensions terrifiantes de la catastrophe démographique à laquelle nous sommes confrontés. L'ampleur atteinte par l'ingénierie migratoire visant à faire cesser la Turquie d'être un État-nation est vraiment effrayante.

L'insouciance et l'attitude dépassant la simple négligence dont fait preuve le pouvoir face à ce piège démographique d'origine impériale et à cette ingénierie migratoire minutieusement planifiée sont extrêmement effrayantes.

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