Nous avons une dette envers la République
Lorsque les feuilles du calendrier indiquent le 29 octobre, nous ne pouvons pas considérer cette question comme un simple anniversaire historique ou une cérémonie officielle. La République est la volonté de chaque citoyen, de chaque couche sociale et de chaque groupe professionnel vivant sur ces terres de vivre de manière égale, la tête haute et dans la dignité.
La République est le socle unique d'un pays où personne n'est asservi à autrui, où la pensée est libérée de ses chaînes et où la vérité peut être exprimée sans être déformée.
Aujourd'hui, nous voyons tous très clairement le tableau dans lequel nous nous trouvons. Nous sommes conscients de la témérité avec laquelle les attaques contre les fondements de la République et son héritage des Lumières se multiplient depuis longtemps. Nous faisons l'expérience directe de la manière dont notre idéal d'une Turquie éclairée et moderne est pris pour cible.
Nous sommes confrontés à une approche qui ne procède pas par réflexes spontanés, mais avec un état d'esprit extrêmement systématique, planifié et déterminé à poursuivre ses propres objectifs obscurs. Nous savons et voyons très bien ce qu'ils cherchent à éroder, étape par étape.
C'est précisément sous ce siège que nous devons nous rappeler, à nouveau et à haute voix, ce que signifie la République.
La République ne tire pas sa force des individus, des groupes privilégiés ou des lignées généalogiques. Elle tire sa force directement de la souveraineté du peuple et de l'État de droit que nous recherchons aujourd'hui avec tant de peine. La capacité des journalistes que nous sommes à écrire sans crainte, à défendre le droit du public à l'information, à contrôler les centres de pouvoir et à exercer notre droit à la critique n'est possible que dans un régime républicain fondé sur la primauté du droit.
Parlons franchement...
En tant que journalistes, nous avons une dette immense, impossible à rembourser, envers la République. Car le vrai journalisme ne peut trouver l'environnement libre dont il a besoin pour respirer que sous l'égide de la République et de la démocratie.
Sur l'autre face de la médaille, il y a la réalité selon laquelle la République ne peut elle-même préserver son existence, sa santé et son lien avec le peuple que grâce à une presse libre et indépendante.
Lorsque l'un est privé de souffle, l'autre est condamné à l'étouffement. Ces deux concepts sont comme un vaisseau indissociable qui permet à chacun de vivre.
En tant que famille 12punto, qui s'est lancée avec une compréhension du journalisme indépendant et un attachement total aux principes journalistiques en Turquie, nous sommes conscients que nous devons l'honneur de notre profession ainsi que l'indépendance de notre plume aux valeurs fondatrices inébranlables de la République.
C'est pourquoi nous ne nous contentons pas de nous souvenir de la République et de la célébrer une fois par an.
Nous connaissons profondément son héritage des Lumières, nous nous l'approprions et nous le défendons contre toute attaque, d'où qu'elle vienne. Mettre notre plume exclusivement au service de la vérité est une exigence de notre dette envers la République.
Au mépris de l'obscurité ; à la lumière de la vérité, de l'idéal d'une Turquie éclairée et de la liberté... Joyeuse fête de la République du 29 octobre !