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Hourra !... La Grèce ne bloquerait pas les F-16...

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Publié: 12.01.2024 06:00

La nouvelle censée démontrer notre succès en politique étrangère et remonter notre moral est arrivée avant-hier de la part du Premier ministre grec Mitsotakis. Tout en annonçant la bonne nouvelle de la mise en place, à partir de mars, d'une facilité de visa pour les touristes turcs se rendant sur 10 îles, Mitsotakis a déclaré : « Je crois que cet accord sera permanent. »

Comme on le sait, une nouvelle ère a été ouverte avec la Grèce après le séisme du 7 février et les élections de mai. Erdoğan, qui a rencontré Mitsotakis pour la première fois lors du sommet de l'OTAN en juillet, a affirmé avoir discuté très ouvertement et clairement avec lui de notre question la plus vitale, à savoir l'occupation et l'armement de nos îles en mer Égée, soulignant que le problème ne venait pas seulement de la Grèce, mais que les États-Unis l'encourageaient également en permanence.

Avant sa visite en Grèce le 7 décembre dernier, il avait également déclaré : « Lorsque vous appelez depuis la Turquie, cette voix est entendue depuis l'île de Kos. Il n'est pas juste que deux pays dont la distance est si proche et dont l'histoire est si imbriquée continuent d'avancer avec des voix qui attisent l'hostilité. » Il s'est également plaint du fait que les États-Unis, qu'il accuse de chercher à monter les deux pays l'un contre l'autre, envoient des F-16 et des munitions à la Grèce tout en nous refusant les nôtres.

Le voyage d'Erdoğan à Athènes a abouti à la signature d'une « Déclaration sur les relations amicales et le bon voisinage », qui n'a aucune valeur juridique contraignante, et à la promesse, dans ce cadre, d'accorder aux Turcs une facilité de visa pour se rendre sur 10 îles.

QUE SIGNIFIE LA « SOUVERAINETÉ GRECQUE » SUR LES ÎLES ?

Nous avons attiré l'attention sur le malaise d'Erdoğan face au fait que la Grèce s'appuie sur les États-Unis. Rappelons que la raison de son refus en 2022, lorsqu'il avait déclaré : « Pour moi, Mitsotakis n'existe plus », était que Mitsotakis s'était plaint de la Turquie à la Maison Blanche et au Sénat américain.

Comme on le sait, le secrétaire d'État américain Antony Blinken, après s'être rendu à Istanbul le week-end dernier pour rencontrer Erdoğan et Hakan Fidan, s'est rendu en Grèce pour rencontrer Mitsotakis. Le lieu de leur rencontre était l'île de Crète, symbole, selon les termes de Mitsotakis, de la profondeur du partenariat stratégique entre les deux pays. Selon les informations fournies par le bureau du Premier ministre grec, Mitsotakis et Blinken ont discuté des questions de Gaza et d'Ukraine, ainsi que de nouvelles étapes en matière de coopération en matière de défense et de la situation en Méditerranée orientale. Mitsotakis a réitéré ses positions connues.

La déclaration la plus claire est venue du ministre des Affaires étrangères Giorgos Gerapetritis, dont on dit qu'il est un ami proche de Hakan Fidan. Alors que Blinken était encore à Istanbul, Gerapetritis a déclaré :

« Je tiens à vous dire que ni leur souveraineté ni leur prospérité [des citoyens grecs vivant à la frontière] ne seront jamais mises en discussion. Nous travaillons jour et nuit pour que les citoyens grecs, en particulier ceux qui vivent à la frontière, puissent se sentir en sécurité... Nous ne cherchons ni la guerre ni l'hostilité... Nous sommes des gens tolérants, nous voulons vivre en paix, mais nous voulons aussi assurer notre sécurité défensive absolue... Une question de souveraineté n'a jamais été soulevée par la Turquie. J'entends souvent des discussions sur la démilitarisation ou les zones grises. Nous n'en avons pas discuté ; mais un tel sujet n'a jamais été porté à mon attention et je vous assure catégoriquement et fermement que je n'aurais pas permis que cela soit mis à l'ordre du jour... La Grèce ne fera pas la moindre concession sur les droits qu'elle possède. Je le dis très clairement ; nous ne discuterons jamais de la souveraineté. »

Regardez ce défi... Mais personne à Ankara ne l'a entendu !..

LE MESSAGE DONNÉ DEPUIS LEMNOS

Regardons le ministre de la Défense Dendias, connu pour sa position belliqueuse envers la Turquie. Lors de sa visite dans une unité militaire sur l'île de Lemnos le premier jour de la nouvelle année, il a souligné la position stratégique de cette île pour la défense de la Grèce et ses droits en mer Égée, tout en rappelant que Lemnos avait assuré la souveraineté grecque en mer Égée lors de la bataille navale du 5 janvier et de la guerre des Balkans.

Ce que Dendias a rappelé sous le nom de « 5 janvier », c'était la bataille navale de Lemnos, la dernière bataille navale de la première guerre des Balkans, remportée il y a 111 ans, en 1913, contre la marine ottomane, qui a renforcé la domination de la Grèce en mer Égée. Cinq ans plus tard, ce qui devait arriver arriva : l'armistice de Moudros, qui a mis fin de facto à l'Empire ottoman, fut signé.

Pendant que les nôtres chantent des chansons de paix, vous voyez quels calculs historiques les autres préparent !..

Une autre note sur Dendias :

Le budget 2024 du ministère de la Défense prévoit un projet de 1 400 logements pour les militaires à travers le pays, et il a été annoncé que 500 d'entre eux seraient construits sur les îles de la mer Égée dans une première phase.

Il est probable que parmi celles-ci figurent nos îles qu'ils ont occupées et armées. Mais ne disons pas « Ankara est-elle au courant ? » ; regardez, rien n'a été demandé à la Grèce concernant « la souveraineté, la démilitarisation et les zones grises » !..

À ce rythme, ne soyons pas surpris si, dans un avenir proche, nous avons la chance de pouvoir nous rendre sur nos propres îles grâce à la facilité de visa accordée par la Grèce.

MITSOTAKIS A DIT « NOUS NE BLOQUERONS PAS », MAIS

Si nous revenons aux déclarations faites par le Premier ministre grec Mitsotakis trois jours après sa rencontre avec le secrétaire d'État américain Blinken ; alors que nos médias mettaient en avant la bonne nouvelle des visas, il a déclaré ce qui suit concernant l'achat de F-16 par la Turquie aux États-Unis :

« Nous ne cherchons pas à bloquer cela, et nous n'avons pas la possibilité d'influencer la vente d'équipements de défense à un autre pays. »

Pourtant, ces propos étaient suivis d'une suite qui a été ignorée et passée sous silence, et qui était la suivante :

« Le point que nous avons exprimé à maintes reprises est très clair : dans une alliance, les équipements de défense, dans ce cas les avions, ne peuvent pas être utilisés pour des vols au-dessus des îles grecques, par exemple. »

En apparence, c'est l'une des trois conditions posées par les sénateurs, et en réalité par les États-Unis, pour la vente des F-16. Les autres sont l'arrêt des opérations en Syrie et l'adhésion de la Suède à l'OTAN !..

SI L'AFFAIRE SUÉDOISE EST RÉGLÉE ?

Puisque nous parlons de « l'adhésion de la Suède à l'OTAN » ; le représentant à Ankara du journal amiral du pouvoir, Sabah, a écrit hier :

« Les efforts de coordination avec les États-Unis concernant le paquet F-16 se poursuivent. Selon cela, une fois que le protocole d'adhésion de la Suède à l'OTAN sera approuvé par la Grande Assemblée nationale de Turquie, le département d'État américain enverra la lettre concernant la vente des F-16 au Congrès. Après que la lettre du président américain Biden demandant l'approbation sera parvenue au Congrès, un 'processus de silence' de 15 jours s'enclenchera, conformément au système américain. En d'autres termes, si aucune objection n'est soulevée, l'obstacle politique à la vente sera levé. »

Quelle est cette « coordination » où le Parlement doit approuver l'adhésion de la Suède, et où la partie américaine n'enverra alors, et seulement alors, des lettres au Congrès !..

Si ce qui est écrit est vrai, on comprend pourquoi la visite de Blinken a été assez productive (!) et pourquoi aucune déclaration n'a été faite par Ankara.

Supposons que l'adhésion de la Suède à l'OTAN et le fait que les F-16 ne seront pas utilisés contre la Grèce soient acceptés... Alors, qu'en sera-t-il de la condition des opérations en Syrie ?!..

Néanmoins, ne baissons pas les bras, la faveur de la facilité de visa de Mitsotakis pour les îles ne nous suffit-elle pas ?!

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