L'Iran et Oman sont parvenus à un accord concernant la création d'un corridor de passage maritime temporaire dans le détroit d'Ormuz, point stratégique pour l'énergie, le commerce et le fonctionnement de l'économie mondiale, ainsi que sur la poursuite des négociations relatives à la future gestion du détroit. Dans ce cadre, il est prévu de procéder au déminage et d'établir un itinéraire provisoire garantissant la sécurité du passage des navires commerciaux. Il a également été indiqué que les deux pays ont défini des principes fondamentaux concernant le partage des revenus issus du transit dans le détroit. Toutefois, les détails de cet accord n'ont pas encore été précisés.
Le détroit d'Ormuz demeure, pour l'Iran, son atout le plus important dans sa lutte de pouvoir avec les États-Unis, Téhéran utilisant le détroit comme un levier de pression si nécessaire. D'ailleurs, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohsen Rezaï, a mis en garde les pays qui participeraient aux pressions et aux sanctions contre l'Iran, affirmant que la fermeture du détroit d'Ormuz se poursuivrait. Une telle mesure ne nuirait pas seulement à la sécurité régionale, mais paralyserait également l'énergie mondiale et le commerce maritime.
Les déclarations du vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, clarifient davantage la portée de l'accord. Selon lui, l'Iran et Oman semblent s'être entendus sur un itinéraire de transit temporaire d'environ 7 milles marins de large. M. Gharibabadi a annoncé que le corridor sud du détroit d'Ormuz était fermé et que, dans le cadre de cet arrangement temporaire, la route d'entrée serait contrôlée par l'Iran et la route de sortie par Oman. Il a également précisé que les deux pays définiraient l'itinéraire permanent dans un délai de 30 à 60 jours.
Selon les déclarations iraniennes, l'ouverture du détroit dépendra uniquement du respect des engagements par les États-Unis. Ces engagements incluent la levée des sanctions et du blocus maritime imposés à l'Iran par les États-Unis, l'indemnisation des dommages subis par l'Iran pendant la guerre, et la cessation des opérations militaires contre l'Iran et ses alliés dans la région. L'Iran exige également la fin de la guerre régionale et le dégel de ses avoirs financiers.
L'accord entre l'Iran et Oman crée également une nouvelle zone de tension dans les relations entre les États-Unis et Oman, car toute perturbation grave du trafic maritime dans le détroit affecte directement les marchés pétroliers mondiaux. En raison de la hausse des prix du pétrole, de nombreux pays, dont les États-Unis, ont été contraints d'utiliser leurs réserves stratégiques. Cela démontre que les développements dans le détroit dépassent le cadre d'une simple question de sécurité régionale pour engendrer des conséquences économiques mondiales.
Pourquoi Oman ?
Oman est un pays qui se distingue depuis longtemps par sa neutralité dans les crises régionales et mondiales, faisant de son rôle de médiateur un élément clé de sa politique étrangère. Pour l'Iran, Oman est un acteur de confiance qui a accueilli par le passé des processus diplomatiques ayant abouti à des résultats. En effet, une part importante des négociations indirectes menées entre les États-Unis et l'Iran en 2024-2025 s'est déroulée sous la médiation d'Oman. Par conséquent, l'implication d'Oman dans le dossier du détroit d'Ormuz n'est pas une coïncidence.
Cependant, il serait réducteur d'évaluer le rôle d'Oman uniquement à travers ses relations diplomatiques avec l'Iran. Sa situation géographique riveraine du détroit d'Ormuz, la sécurité du trafic maritime et les intérêts économiques du pays font d'Oman une partie prenante directe des événements dans le détroit. Ainsi, la priorité fondamentale d'Oman est à la fois de préserver ses relations avec l'Iran et de garantir le rétablissement de la sécurité du trafic maritime dans le détroit.
Contexte de l'accord
Trois facteurs fondamentaux sous-tendent l'accord entre l'Iran et Oman : la géographie, les intérêts économiques communs et l'impératif de sécurité. Le fait que les deux pays soient riverains du détroit d'Ormuz rend leur rôle direct indispensable dans toute réglementation le concernant. Par conséquent, la création d'un mécanisme de passage commun entre l'Iran et Oman démontre également la coopération forcée imposée par la géographie, malgré leurs priorités politiques divergentes.
En conclusion, cette démarche de l'Iran et d'Oman est importante pour surmonter les problèmes de sécurité et de transport dans le détroit d'Ormuz. Toutefois, l'émergence d'une solution durable ne dépendra pas seulement de la coopération entre l'Iran et Oman, mais aussi de l'évolution des tensions entre les États-Unis et l'Iran.
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Accord entre l'Iran et Oman sur le détroit d'Ormuz